António Guterres appelle à « la prévention et la répression des crimes contre l’humanité » alors que les normes qui constituent le fondement de l’ordre juridique international sont « contestées, érodées et parfois ouvertement bafouées ».
L’appel du patron de l’ONU intervient au moment où des Forces de défense rwandaises (RDF) sont accusées de commettre des crimes odieux dans l’est de la RDC. Le gouvernement congolais, quant à lui, a multiplié les actions pour faire condamner le Rwanda, notamment avec des procédures devant la Cour internationale de Justice (CIJ), la Cour de justice des États d’Afrique de l’Est (EACJ) et la Cour africaine des droits de l’homme. Kinshasa a également saisi la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes contre l’humanité.
Dans sa déclaration faite lundi 6 juillet 2026 devant la Commission du droit international, le secrétaire général de l’ONU a reconnu que le monde traverse une période difficile pour l’état de droit, le multilatéralisme et les Nations Unies elles-mêmes.
De l’Ukraine à l’est de la République démocratique du Congo en passant par Gaza, les crimes graves se multiplient en toute impunité. Droit international « sous pression », António Guterres a noté avec regret que les « institutions qui représentent des décennies d’efforts acharnés sont soumises à une pression croissante et, dans certains milieux, ouvertement attaquées ».
« L’impunité est en hausse. Trouver des solutions juridiques aux crises actuelles est un devoir fondamental pour nous tous », a-t-il déclaré, soulignant l’urgence de prévenir et réprimer les crimes contre l’humanité.
Dans un environnement international marqué par la course aux armements, le patron de l’ONU a rappelé à la commission sa responsabilité fondamentale de façonner l’avenir du droit international, en anticipant les défis de demain.
« Soyons clairs : le droit international est sous pression, mais il prévaudra. La plupart des États continuent de le défendre et de lui faire confiance. Les dossiers des tribunaux internationaux en témoignent. Et son langage est invoqué même par ceux qui ne le respectent pas toujours », a-t-il insisté.
L’ONU a franchi une étape cruciale vers la création du premier traité mondial consacré à la prévention et à la répression des crimes contre l’humanité. En décembre 2024, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution ouvrant la voie à des négociations, avec un traité final attendu d’ici 2029. Ce traité obligerait les États à agir contre les attaques systématiques visant les civils, notamment les meurtres, la torture et les violences sexuelles, comblant ainsi un vide crucial entre les conventions existantes sur le génocide et les crimes de guerre. Soutenues par la société civile et les experts juridiques du monde entier, les négociations viseront à établir un cadre solide pour garantir l’obligation de rendre des comptes en matière de violations des droits humains.
La Commission du droit international (CDI) est un organe d’experts créé en 1947 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Composée de 34 membres, sa mission principale est de promouvoir le développement progressif du droit international et sa codification. Elle siège généralement à Genève (Suisse).





